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RÉSUMÉ DE L'ÉTUDE
I. OBJECTIFS
La présente étude, menée par la Fondation Descartes en septembre 2025, prolonge une précédente étude réalisée en août 2024, qui portait sur la manière dont les Français perçoivent les récits par lesquels les protagonistes de différents conflits internationaux cherchent à légitimer leurs actions.
Cette nouvelle étude vise :
II. MÉTHODE
Nous avons invité 3 907 Français, constituant un panel représentatif de la population, à indiquer leur degré d’accord ou de désaccord avec trois éléments centraux (les affirmations principales) du récit de chacun des quatre protagonistes de ces conflits : la Russie, l’Ukraine, le Hamas et Israël.
Une mesure de sensibilité (ou réceptivité) globale à chaque récit a été calculée à partir des évaluations par les répondants des trois éléments les composant.
III. RÉSULTATS
Les résultats obtenus en septembre 2025 confirment dans les grandes lignes ceux d’août 2024 : les Français demeurent très sensibles au récit ukrainien et plutôt sensibles au récit israélien, tandis qu’ils se montrent moins réceptifs au récit du Hamas et, surtout, au récit russe (voir FIGURE I).
On observe cependant de faibles modulations : depuis août 2024, la sensibilité globale au récit russe a très légèrement augmenté (+0,09 point sur un continuum allant de 1 à 5), tout comme celle au récit du Hamas (+0,10 point), tandis que la sensibilité au récit israélien s’est légèrement infléchie (–0,10 point). La sensibilité au récit ukrainien est, elle, restée stable.
Ces évolutions peuvent être mises en regard de certains changements du contexte international entre août 2024 et septembre 2025. Concernant le conflit Hamas-Israël, les modulations de sensibilité observées portent principalement sur les éléments de récit relatifs au ciblage de la population civile palestinienne par la riposte israélienne et à la qualification de cette dernière de « génocide », dans un contexte marqué par l’aggravation de la situation humanitaire à Gaza et la multiplication des accusations de crimes de guerre. S’agissant de la guerre Russie-Ukraine, la légère progression de la sensibilité au récit russe pourrait être liée à la diffusion par Donald Trump et son administration de prises de position mettant en cause la responsabilité de l’Ukraine dans l’origine du conflit.
La présente étude confirme, par ailleurs, que les canaux d’information utilisés par les Français pour suivre l’actualité influencent très probablement leur sensibilité aux différents récits. En effet, à profil identique, une fréquence élevée d’information via les médias traditionnels est associée à une sensibilité accrue aux récits ukrainien et israélien. À l’inverse, une consommation fréquente d’information via les réseaux sociaux, les médias dits « alternatifs », les intelligences artificielles conversationnelles et les messageries instantanées est liée à une sensibilité accrue aux récits russe et du Hamas.

FIGURE I – Sensibilité globale des Français en août 2024 (en bleu) et en septembre 2025 (en mauve) aux récits (A) russe, (B) ukrainien, (C) du Hamas et (D) israélien.
Lecture : L’axe horizontal de chaque graphique correspond à la sensibilité globale des répondants à un récit donné, sur un continuum allant d’une sensibilité nulle (1) à une sensibilité extrême (5). L’axe vertical représente la concentration (densité) de répondants situés à chaque valeur de ce continuum : plus la courbe est haute en un point, plus il y a de répondants qui font preuve de cette sensibilité spécifique. La ligne verticale rouge en pointillés indique la sensibilité moyenne de l’ensemble des répondants. Note : Les données proviennent de deux panels indépendants de répondants représentatifs de la population française adulte ; 4 000 répondants en août 2024, 3 907 en septembre 2025.
