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Résumé de l'étude
Cette étude de la Fondation Descartes, menée en collaboration avec l’association Plus de Climat dans les Médias, analyse la manière dont les Français perçoivent le changement climatique, s’intéressent à l’information sur le sujet et évaluent son traitement médiatique. Elle repose sur une enquête réalisée en septembre 2025 auprès d’un panel représentatif de 3 907 Français. Les résultats sont comparés à ceux d’une étude équivalente réalisée par la Fondation Descartes à l’été 2022.
Les résultats montrent d’abord que la part de la population qui nie l’existence du dérèglement climatique demeure très minoritaire, même si elle semble quelque peu augmenter en 2025 (9,2 % en 2025, 7,1 % en 2022). En revanche, les certitudes reculent sur deux points importants : les Français sont moins nombreux en 2025 qu’en 2022 à considérer que le changement climatique est essentiellement causé par l’activité humaine (48,8 % en 2025, 54,9 % en 2022, soit une diminution de 6,1 points), et ils sont également moins nombreux à être totalement convaincus de la gravité de ses conséquences (47 % en 2025, 51,4 % en 2022). Malgré cela, une large majorité de la population continue de déclarer ressentir de la peur face au dérèglement climatique (71,4 % en 2025, 74,6 % en 2022).
L’intérêt pour l’information sur le climat reste globalement élevé au sein de la population et ne diminue pas entre 2022 et 2025. Les Français qui expriment du désintérêt pour l’information climatique (14,4 % en 2025, 13,2 % en 2022) l’expliquent le plus souvent par l’impression que cette information serait instrumentalisée à des fins politiques ou économiques, par un sentiment d’impuissance individuelle face au dérèglement climatique ou encore par la perception d’une surabondance d’informations contradictoires.
En matière d’information climatique, les scientifiques apparaissent comme les sources les plus dignes de confiance aux yeux du public (70,5 % de confiance à l’égard des scientifiques du climat en 2025). Les médias traditionnels bénéficient eux aussi d’un niveau assez élevé de confiance sur la question climatique (59 %). Les Français sont en revanche beaucoup moins nombreux à faire confiance au gouvernement (23,2 %), aux réseaux sociaux (19,1 %) ou encore aux médias dits « alternatifs » (32 %) pour leur fournir une information fiable et de qualité sur le dérèglement climatique.
La perception de la couverture médiatique du climat a sensiblement évolué entre les deux vagues de l’enquête. En 2025, les Français sont nettement moins nombreux qu’en 2022 à estimer que les médias ne parlent pas assez du climat (27,2 % en 2025, 42,3 % en 2022), et beaucoup plus nombreux à juger que la couverture médiatique du sujet se situe à un niveau approprié (40,8 % en 2025, 27,5 % en 2022). Parallèlement, une part croissante de la population déclare se sentir suffisamment informée par les médias tant sur les conséquences du changement climatique (53,1 % en 2025, 43 % en 2022) que sur les mesures individuelles et collectives à mettre en œuvre pour y faire face (46,7 % en 2025, 37,7 % en 2022).
Les critiques adressées au traitement médiatique du climat restent cependant importantes. Les plus largement partagées au sein de la population concernent un manque perçu de pédagogie (55,9 % en 2025, 67,1 % en 2022), d’informations concrètes (57,5 % en 2025, 68,2 % en 2022) et, surtout, d’orientation vers les solutions (64,7 % en 2025, 72,2 % en 2022). Dans les deux vagues de l’enquête, les critiques reprochant aux médias un traitement du climat trop alarmiste ou orienté idéologiquement rencontrent une moins forte adhésion globale et sont beaucoup plus polarisées politiquement (moins présentes à gauche, plus présentes à droite).
Enfin, les Français demeurent très majoritairement convaincus que la lutte contre le changement climatique passera avant tout par une transformation profonde des modes de vie (59,2 % en 2025, 59,1 % en 2022), plutôt que par le progrès technique et scientifique (17 % en 2025, 16,3 % en 2022).
En conclusion, cette étude révèle que les Français se déclarent aujourd’hui globalement moins insatisfaits qu’en 2022 du traitement médiatique de la crise climatique. Cette évolution ne s’accompagne toutefois pas d’une meilleure compréhension au sein de la population de la nature anthropique du dérèglement climatique et de la gravité de ses conséquences. La couverture médiatique du climat ne remplit donc visiblement pas pleinement sa fonction d’information du public. Ce constat devrait inciter les médias à repenser leur traitement du sujet, afin d’en renforcer la rigueur et la portée informative.
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L’association Plus de Climat dans les Médias propose son regard expert sur les résultats de cette étude et formule des recommandations à destination des médias dans un document à retrouver sur son site internet.
