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Les contenus des médias d’influence russes interdits au sein de  l'Union européenne continuent de circuler sur les réseaux sociaux

Francesca Hemery et Francesco Paolo Savatteri – Cercle des experts de la Fondation Descartes
Les contenus de Russia Today (RT) et Sputnik, pourtant interdits de diffusion au sein de l’Union européenne depuis 2022, continuent de circuler sur les réseaux sociaux francophones. En retraçant la propagation d’un reportage de RT à la gloire de l’Africa Corps, la Fondation Descartes montre comment cette propagande contourne les blocages officiels pour atteindre le public français.

Publié le 28/11/25

Russia Today (RT) et Sputnik sont deux médias financés par l’État russe. Après l’offensive russe en Ukraine lancée en février 2022, ces organes d’influence ont été interdits de diffusion au sein de l'Union européenne, sur décision du Conseil de l'UE qui les accuse de mener « des actions de propagande continues et concertées […] faussant et manipulant gravement les faits ». Cette interdiction s’applique à l’ensemble des opérateurs de diffusion : chaînes de télévision, hébergeurs, plateformes en ligne, moteurs de recherche, réseaux sociaux et fournisseurs d’accès à internet. En France, l’ARCOM a suspendu en mars 2022 la convention de diffusion de RT France, empêchant la chaîne d’émettre sur le territoire.

Conformément au règlement européen, Facebook, YouTube, TikTok, X/Twitter et les principaux opérateurs bloquent l’accès aux contenus des médias concernés, y compris à leurs sites, chaînes officielles et pages vérifiées. Cependant, l’interdiction n’a pas entraîné la disparition totale des contenus de RT et Sputnik de l’environnement numérique français. 

Sur les réseaux sociaux accessibles depuis la France, plusieurs comptes partagent des liens, des images et des vidéos provenant de ces médias. Ces contenus se retrouvent non seulement sur des plateformes peu modérées et à l’utilisation relativement confidentielle en France , telles que Telegram ou Rumble, mais également sur les réseaux sociaux les plus populaires, comme TikTok, Facebook et X. Dans de nombreux cas, les contenus en question ne sont jamais supprimés par la modération des plateformes.

La Fondation Descartes a retracé la diffusion d'un reportage en français de RT, apparu ces dernières semaines sur de nombreux réseaux sociaux. La vidéo présente les activités de l'Africa Corps, un groupe paramilitaire contrôlé par la Russie qui opère dans plusieurs pays africains. La journaliste autrice du reportage interviewe des militaires russes stationnés au Mali, en Afrique de l'Ouest, qui expliquent la raison de leur présence et la nature de leurs activités, dans le but évident de présenter leur organisation sous un jour favorable.

La vidéo a d'abord été publiée le 12 novembre sur X et Facebook par deux comptes se présentant comme les comptes officiels de l'Africa Corps, avec la description suivante : « Ces derniers jours, des journalistes de Russia Today se sont rendus au quartier général du @TheAfricaCorps des forces armées russes dans la République du Mali ». Elle a ensuite été reprise par diverses pages et comptes sur les deux plateformes, soit en partageant directement la publication originale de l'Africa Corps, soit par le biais de publications indépendantes.

Un exemple de publication indépendante

Le même jour, la diffusion a également eu lieu sur TikTok, où l'Africa Corps ne possède pourtant pas de compte officiel . La vidéo a été partagée par au moins neuf comptes TikTok différents. Comme l’illustre l'image ci-dessous, toutes les vidéos affichent le texte initialement partagé par l’Africa Corps. 

Certaines des vidéos TikTok reprenant le service de RT

Plus de dix jours après la publication de ces vidéos, aucune n'a été supprimée par la modération de la plateforme. Il est par ailleurs difficile de savoir si les comptes ayant partagé ce reportage d’influence sont des comptes robotisés ou non.

La propagande russe en Afrique occidentale a des implications pour la France. Le thème de la vidéo s'inscrit en effet dans une stratégie plus large de l'Africa Corps visant à renforcer la présence russe au Mali et à discréditer le rôle historique de la France dans la région, comme l'ont souligné plusieurs médias.

Ce sujet a également fait l'objet d'opérations d'ingérence informationnelle dans le passé. En mars dernier, TikTok a identifié un réseau de 129 comptes inauthentiques qui s'adressaient à un public francophone en France et en Afrique de l'Ouest et qui cumulaient plus de six millions d’abonnés (followers). « Les personnes à l'origine de ce réseau ont créé des comptes inauthentiques afin de saper les politiques étrangères de la France en Afrique de l'Ouest », peut-on lire dans le rapport de TikTok sur ces opérations d'ingérence.

La vidéo que nous avons détectée n'est pas un cas isolé. Les comptes d'Africa Corps partagent régulièrement  des reportages de RT – comme celui-ci, daté du 21 novembre 2025 – qui se retrouvent  ensuite sur d'autres plateformes, notamment TikTok. De nombreuses vidéos de RT ou Sputnik circulent ainsi librement dans l’espace informationnel Français.

Tant l'ampleur du phénomène que le nombre de personnes exposées en France à de telles vidéos restent difficiles à déterminer. Leur libre circulation pose néanmoins la question de l’efficacité réelle de l’interdiction de diffusion au sein de l’Union européenne imposée à RT et Sputnik. 

Un article de recherche paru en 2024 souligne le bilan mitigé de cette interdiction. Le bannissement de ces médias d’influence russes a momentanément entravé l’accessibilité depuis l’UE aux contenus en ligne de RT et de Sputnik, mais les moyens de diffusion de la propagande russe se sont ensuite réorganisées autour de stratégies nouvelles – par exemple, en créant des sites miroirs et en encourageant la migration vers des plateformes alternatives comme Telegram, Odysee ou Rutube, qui ne sont pas soumises aux mêmes obligations européennes de modération. Sur le long terme, selon les auteurs de cette recherche, l’interdiction a surtout réduit la diffusion des contenus d’influence russe auprès du grand public peu familier de ce type de discours, tandis que les publics déjà réceptifs à ces messages ont pu continuer à y accéder. 

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